Michel Rozelier

Fils d’agriculteurs, ouvrier chez JPA où il a effectué presque toute sa carrière professionnelle, suivant les rachats divers de l’entreprise, Michel Rozelier est un homme fidèle à son entreprise, à ses engagements et à son Pays : Guégon. Rencontre avec un homme de terrain, aussi généreux que discret sur ses engagements, et son épouse, Claudie, à ses côtés depuis 36 ans.

Michel et Claude Rozelier

Michel et Claude Rozelier.

Au service de son entreprise depuis 1978

Michel Rozelier a commencé à travailler très jeune, à sa sortie du collège. « Les circonstances de la vie ont fait que j’ai dû entrer dans la vie active à la fin de la troisième. » Formé pendant quatre ans comme boucher-charcutier d’abattoir directement dans l’abattoir intercommunal de Josselin, aujourd’hui disparu, il a appris à effectuer toutes les tâches exigées par ce métier.

En 1978, à 22 ans, il entre dans l’entreprise Unicopa, à Saint-Jean-Brévelay. Unicopa fusionne avec Europagro à Josselin pour devenir Olympig. En 2004, l’entreprise change de nom (« pour ne pas créer d’interférence avec la candidature aux Jeux olympiques », précise son épouse, Claudie) et devient Europig. Elle aussi connaît très bien l’entreprise pour y avoir travaillé de nombreuses années. Entrée en remplacement en 1981 comme assistante administrative dans les bureaux, à l’époque à Unicopa, elle a ensuite occupé le poste d’assistante commerciale, jusqu’à son licenciement en 2009, quand Europig devient Gad SAS. En 2014, après une nouvelle vague de licenciements largement relayée dans la presse, l’usine est rachetée par le groupe Intermarché et devient JPA. Si l’entreprise a subi de nombreuses mutations, Michel lui aussi a évolué dans sa carrière. « Au début, j’étais ouvrier d’abattage. Puis je suis passé chauffeur : j’ai fait le ramassage des porcs jusqu’en 1999. » Un accident du travail, entraînant des problèmes de santé, le contraint à arrêter de conduire. « J’arrive alors au service réception porcherie. Plus tard, comme un poste est à pourvoir au service affûtage, je tente ma chance, je présente ma candidature et je suis accepté. C’est le poste que j’occupe encore actuellement. »

Cet accident, il a su le mettre au service des autres puisqu’il est entré dans l’association des accidentés de la vie (FNATH), où il a très vite pris des responsabilités. De ses 43 ans de carrière dans les métiers de l’agroalimentaire, le futur retraité ne regrette rien : « Cela m’a plu comme carrière, car j’ai pu évoluer au fur et à mesure des années. J’ai appris de nouveaux métiers, j’ai changé de tâches. »

Aujourd’hui, il cumule toutes les médailles du travail : bronze, argent, or et grand-or, la dernière obtenue il y a trois ans pour célébrer ses 40 ans de vie active, dont 37 ans au service de la même entreprise.

L’engagement pour une aide concrète

Accidenté en 1999, Michel entre dans la section josselinaise de la FNATH (Fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés). Il s’investit dans l’association et devient trésorier adjoint. L’occasion lui est donnée d’aider les personnes traversant la même épreuve que lui : il apporte conseils, écoute, assistance dans les démarches, à ceux qui le sollicitent et aussi à ceux chez qui il perçoit un besoin. Sur les thèmes de la santé, de la maladie, il intervient « quand les gens ne savent plus où aller, quand toutes les portes se sont fermées. » Il met en lien avec les bons interlocuteurs, suit le déroulement du dossier.

Il s’investit également comme délégué cantonal de la MSA pour le collège salarié, réélu régulièrement pendant 30 ans. « J’y serais encore si les statuts de l’entreprise n’avaient pas changé, mais aujourd’hui, nous ne relevons plus du régime de la MSA. » En tant que délégué, il représentait les salariés aux réunions de la mutualité, il allait au contact des gens dans le besoin. « Je pouvais donner des conseils, monter des dossiers d’aide… J’avais la possibilité de tout connaître des aides possibles ! » Alors il a mis ce savoir au service des autres. « J’en ai rencontré des gens ! Pour certains, si je n’étais pas allé les voir, ils n’auraient bénéficié d’aucune aide. Cela pouvait être des petites choses, comme une aide pour l’achat d’un réfrigérateur ou d’une machine à laver. J’allais au-devant des demandes. Quelquefois même, j’allais plusieurs fois. Au début, on me disait que tout allait bien, puis au fur et à mesure des discussions, les gens parlaient. »

Comme il ne s’arrête jamais, Michel est aussi entré au CCAS (centre communal d’action sociale) de sa commune, où il est toujours actif. Deux fois par an, il participe à l’organisation du repas des anciens et à la distribution des cadeaux faits aux personnes âgées n’ayant pas pu s’y rendre (impossibilité de se déplacer, en maison de retraite…). Il a également contribué à la mise en place d’une structure d’accueil pour les anciens à Guégon : la Villa Family, rebaptisée Domiciale : une alternative à l’accueil des personnes dépendantes. Deux logements communiquant entre eux accueillent chacun une famille et trois personnes âgées. « J’étais dans le projet de construction et ensuite de gestion. » Il a aussi suivi le projet de maison de santé, qui accueille désormais deux médecins généralistes, un pédicure-podologue et un cabinet infirmier.

Quand on lui demande de quoi il est le plus fier, il peine à répondre. Pour lui, c’est un engagement qui coule de source : « C’est normal tout ça, je n’en tire pas de fierté particulière. »

La générosité avant toute chose

Alors, pour en savoir plus sur Michel et ses engagements, il faut parler à Claudie, son épouse. Elle a toujours connu son mari au service des autres : « Pour lui, c’est une vocation, et surtout, il aime ça ! », dit-elle à son propos. Ensemble, ils ont élevé trois enfants, aujourd’hui adultes, et sont les heureux grands-parents de quatre petits-enfants. Des enfants qui ont effectué leur scolarité dans le pays, donnant à Michel, là encore, l’occasion de s’investir. Il était alors entré dans les associations de parents d’élèves et s’occupait des repas de fête, en mettant la main à la pâte. « Il faisait les grillades », précise Claudie. Elle raconte également qu’il a aidé un grand nombre de personnes dans sa vie, et qu’il continue à le faire : « On compte beaucoup sur lui, et dans la famille aussi ! Il est comme ça, je l’ai toujours connu très généreux. Il donne beaucoup de temps à l’extérieur et aux autres. »