Mon assmat : Et si on simplifiait le quotidien des assistantes maternelles ?
À partir d’un constat très concret – des démarches chronophages et des protocoles d’urgence difficiles à appliquer –, Lies Haoues, établi à Saint-Léry, a conçu Mon assmat, une application pensée pour simplifier et sécuriser le quotidien des assistantes maternelles.
Développé avec son associé Guillaume Janvier, l’outil propose des fonctionnalités intuitives : contrats numérisés, calcul automatique des indemnités, cahier de suivi des enfants. Un projet guidé par une ambition simple : répondre à un besoin réel du terrain, sans céder à la logique du tout-profit, et dans une cohérence assumée, notamment sur le plan environnemental.

La scène ne se déroule ni dans un incubateur de start-up, ni dans un open space. Elle commence bien plus simplement. Faute de locaux dédiés à sa nouvelle activité, Lies nous rend visite à la permanence parlementaire, à Ploërmel. Il parle posément, sans emphase. Il n’est visiblement pas de ceux qui cherchent à « vendre » une idée. Il préfère expliquer d’où elle vient. Et très vite, on comprend que Mon assmat n’est pas née d’un business plan ni d’une opportunité technologique, mais d’un quotidien observé de près, vécu de l’intérieur.
Sa femme est assistante maternelle. La mère de son associé, Guillaume Janvier, l’était aussi. Tous deux connaissent les rouages du métier, ses satisfactions comme ses contraintes, ses responsabilités colossales et sa reconnaissance parfois fragile. « On en voyait les motifs de joie, mais aussi les limites », résume Lies. Alors, lorsque l’idée surgit, il en parle naturellement à Guillaume, cet ami d’enfance « qui a la tête sur les épaules ». Autour d’eux, un investisseur et un développeur — garant de la solidité technique et de la sécurité informatique — viennent compléter l’aventure. Le projet peut commencer à prendre forme.
Quand le quotidien inspire l’innovation
Tout a commencé avec un détail, presque anodin : un flyer collé sur un réfrigérateur. Un bout de papier griffonné, annoté avec des numéros de téléphone — ceux des parents, de la Protection Maternelle Infantile (PMI), d’une assistante maternelle relais. Un protocole à suivre en cas de problème. « Le jour où ma femme tombe dans les escaliers, elle doit appeler les secours, prévenir tout le monde, sécuriser les enfants… », raconte Lies. Le protocole est légitime, mais dans l’urgence, il devient presque impossible à appliquer. « Humainement, c’est trop », confie-t-il.
Alors Lies se met à chercher, à comparer, à s’étonner. Il existe des dispositifs de téléassistance pour les personnes âgées, capables d’alerter automatiquement en cas de chute. Pourquoi rien de similaire pour les assistantes maternelles, qui travaillent souvent seules avec plusieurs enfants sous leur responsabilité ? En creusant, il découvre des situations bien réelles : des accidents domestiques où les enfants ont pu être mis en sécurité grâce à une assistante maternelle relais ou à la PMI, mais sans que les parents ne sachent toujours où se trouvaient leurs enfants, ni auprès de qui. « Le problème, ce n’était pas la bonne volonté. C’était l’information. Le protocole était bouché », explique-t-il.
C’est là que Mon assmat prend tout son sens : créer du lien là où il manque, fluidifier l’information, sécuriser tout le monde — les enfants, les assistantes maternelles, les parents.

Une pelote de laine, des fils à tirer
Concrètement, Mon assmat a été imaginée comme un outil pouvant, à terme, offrir à une assistante maternelle en difficulté la possibilité de déclencher une alerte en un clic. L’assistante relais serait alors informée par SMS, tout comme les autres acteurs concernés, avec l’objectif de fluidifier la circulation des informations essentielles à la sécurité des enfants. « L’idée, c’est que chacun sache où il va et ce qui se passe », résume Lies.
Mais très vite, il comprend que la sécurité n’est que le premier fil d’une pelote bien plus large. En tirant dessus, d’autres contraintes apparaissent : administratives, organisationnelles, relationnelles. « Tout est lié », constate-t-il.
Mon assmat s’étoffe alors pour répondre à ces besoins. Les contrats deviennent numérisés, accompagnés d’« infos bulles » pour guider les utilisatrices, sans les infantiliser. Les indemnités et congés sont calculés automatiquement, sans marge d’erreur. Les heures d’arrivée et de départ sont enregistrées, assurant une traçabilité claire. Un « cahier bien-être » est proposé, permettant de suivre la journée de l’enfant. Un planning partagé offre une vision commune de la semaine. « Tout est pensé pour être intuitif, accessible sans compétence informatique particulière. On ne veut pas infantiliser, mais soutenir », insiste Lies.
« Mon assmat vivra grâce aux assistantes maternelles »
Pour affiner l’application, Lies retourne sur le terrain. Il écoute, il ajuste. Des professionnelles comme Anne-Cécile Navarro, assistante maternelle expérimentée dans le secteur de Pontivy-Loudéac, participent aux échanges et proposent des améliorations concrètes. « Le but, c’est qu’elles participent. Mon assmat vivra grâce aux assistantes maternelles », souligne-t-il.
L’ambition de Lies et de son équipe n’est pas financière. « On ne cherche pas à devenir milliardaires », sourit-il. L’abonnement donne accès à toutes les fonctionnalités, sans options cachées ni surcoûts. Les données sont protégées, conformes au RGPD. Même les serveurs sont choisis pour leur faible empreinte environnementale. « La cohérence, c’est important », ajoute-t-il.
Lies résume Mon assmat en une image simple : « C’est un peu le Pronote des assistantes maternelles ». Un outil central, mais orienté vers l’humain. « Une solution pour libérer du temps et se concentrer sur l’essentiel : l’épanouissement des enfants ».

Et après ?
Lucide, Lies sait qu’un projet de cette nature demande du temps. L’application, pensée depuis 2021 et lancée en version d’essai au printemps 2025, entre désormais dans une phase de communication et de rencontre avec les professionnels. « Vous voyez Mon assmat telle qu’elle est aujourd’hui. Nous, on la voit déjà telle qu’elle sera dans dix ans », confie-t-il.
Les idées ne manquent pas : travailler avec les collectivités et les centres de formation pour mieux préparer les futurs professionnels, rompre l’isolement du métier grâce à des espaces d’échange, créer une véritable communauté. « Redonner un nouvel élan à une profession en déclin », résume-t-il.
À la fin de notre échange, Lies tente de me faire découvrir toutes les fonctionnalités présentes sur leur application. Mais Mon assmat est encore en évolution. « Ah ! Là, le développeur travaille dessus », glisse-t-il en souriant. Une scène symptomatique des ambitions qui entourent le projet.

Bon à savoir :
Vous pouvez d’ores et déjà télécharger l’application Mon assmat en vous rendant directement sur son site dédié : https://monassmat.fr/.
Pour l’heure, Lies et Guillaume n’ont pas souhaité référencer Mon assmat sur des « magasins d’application », notamment disponibles sur Android et Apple. Des guides et ressources sont disponibles gratuitement sur leur site internet, indépendamment de tout abonnement.








