Newsletter mai 2026 : l’éditorial

L’autonomie n’est pas un vilain mot, c’est une chance
À l’échelon infra-étatique, l’autonomie est un principe d’administration qui permet de rapprocher le pouvoir décisionnel des concitoyens et de pouvoir adapter nos normes en fonction des réalités de terrain.
Longtemps dépréciée en France, ce système d’organisation administrative est pourtant celui qu’ont choisi tous nos voisins. L’Espagne, l’Italie, La Suisse, l’Allemagne, la Belgique et le Royaume-Uni sont des États organisés soit sous forme fédérale, soit avec des autonomies régionales.
On évoque ici le principe de subsidiarité. Derrière ce terme, qui n’est pas souvent utilisé dans le langage courant, se cache une notion essentielle à savoir qu’une autorité centrale ne saurait effectuer que les tâches qui ne peuvent pas être réalisées à l’échelon inférieur. En France, c’est l’inverse qui se produit…
L’autonomie ce n’est pas l’indépendance
En France, la question est restée pendant longtemps caricaturée. Beaucoup confondent sciemment « autonomie » et « indépendance » pour mieux discréditer la notion d’autonomie. Rappelons-le une fois de plus : l’autonomie n’est pas l’indépendance. Il s’agit seulement d’un partage du pouvoir entre un État central et des collectivités locales. L’État doit continuer de conserver la compétence exclusive des sujets régaliens : justice, police, armée, affaires étrangères…
Les compétences relatives à l’environnement, à l’économie, à l’énergie, au social, à l’agriculture, à la pêche, à la culture, au tourisme, aux mobilités… ne peuvent plus continuer à être légiférées uniquement depuis Paris. Les différentes collectivités infra-étatiques qui doivent agir dans ces domaines sont bien souvent bloquées par une réglementation et une législation trop rigide, peu adaptée aux différenciations territoriales.
Selon moi, les collectivités locales devraient disposer d’une autonomie fiscale et réglementaire ainsi que la possibilité de faire des lois qui ne s’appliquent que dans leur territoire, à condition de ne pas remettre en cause le principe d’égalité des citoyens et évidemment les droits de l’Homme.
Pourquoi proposer ce nouveau mode de fonctionnement administratif ?
Le système centralisé actuel fonctionne mal. Les élus et les agents, qu’ils soient fonctionnaires territoriaux ou fonctionnaires d’État exerçant sur le terrain, le dénoncent régulièrement.
Ils ne peuvent plus appliquer une réglementation complexe, contradictoire, chronophage, instable et coûteuse. Cette réglementation est faite à Paris, depuis les ministères, qui sont très éloignés des réalités de terrain et qui agissent selon un modèle d’uniformité et de gestion des coûts.
L’exemple le plus désolant est le manque des médecins. Malgré les alertes répétées des élus nationaux comme locaux, le ministère de la santé a refusé pendant 20 ans d’augmenter le nombre de médecins en formation. La conséquence est connue : le manque de médecins et les déserts
médicaux.
Les exemples ne manquent malheureusement pas. Dans le domaine agricole, la Politique Agricole Commune gérée par Paris ne permet pas de tenir compte de la diversité des agricultures françaises. Dans les pays voisins, les fonds européens sont régionalisés. Dans le soutien aux entreprises, les appels d’offre de l’État contrecarrent les politiques régionales et intercommunales qui sont, elles, pourtant issues de consensus locaux… Les différentes agences du gouvernement font doublon avec les services de collectivités locales. À chaque fois que l’État central veut se réformer et simplifier, il complexifie encore plus.
C’est pour cela que, loin de toute idéologie, je souhaite promouvoir un modèle plus adapté aux réalités de terrain, et qui est en place dans l’ensemble des États qui nous entourent.







