PORTRAIT DU MOIS – L’association « Traditions et patrimoine naturel » élabore du vin 100% 𝑚𝑎𝑑𝑒 𝑖𝑛 Pénestin.

À Pénestin, ceux qui côtoient le monde associatif le savent : il arrive que l’on puisse goûter du vin du cru… Oui, vous avez bien lu : du vin 100 % pénestinois ! Rencontre avec celles et ceux qui font vivre la tradition viticole sur la commune…
Il est près de 9 heures, ce matin-là, lorsque je m’avance dans le brouillard de mer qui enveloppe la presqu’île de Pénestin. Le petit village de Berniguet semble encore assoupi. Et pourtant, quelques membres de l’Association Traditions et Patrimoine naturel m’y attendent déjà. Tous s’impatientent de me faire découvrir un lieu qui leur tient à cœur : la vigne du Petit Clos…
Alors qu’avec le changement climatique, les vignobles bretons reprennent progressivement place sur le relief breton ces dernières années, à Pénestin, la vigne, elle, n’a jamais véritablement quitté le territoire. Il faut dire que certaines particularités locales ont participé à son maintien. « En 1838, on comptait 145 hectares de vignes sur la commune, ce n’est pas rien ! » souligne Jean-François Vallée, fraîchement élu président de l’association. « A cette époque, la viticulture représentait une activité secondaire permettant notamment aux mytiliculteurs d’occuper le personnel. »

« Conserver un pan de l’histoire »
Mais, au cours du XXème siècle, la tradition perd peu à peu de sa vigueur… Au point qu’en 1968, la production n’atteint plus que les 132 hectolitres. C’est dans ce contexte que l’association Traditions et Patrimoine naturel voit le jour, avec l’ambition de créer un conservatoire de la vigne à Pénestin. Objectif : « conserver une activité autrefois importante, pan de l’histoire du patrimoine viticole de la commune ».
En juin 2013, douze rangs de vigne sont plantés au Petit Clos, là où quelques cépages avaient subsisté, dans le cadre d’un projet mené en lien avec l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et Alain Poulard, ancien ingénieur-agronome à l’IFVV Institut Français de la Vigne et du Vin. L’année suivante, sept nouveaux rangs viennent compléter la plantation. « En deux ans, on a planté un total de 19 cépages différents », se souvient Michel Bauchet, ancien président de l’association, avec un sourire qui en dit long sur l’intérêt qu’il a eu, à l’époque, de s’impliquer dans le projet.

« Une vigne, c’est beaucoup de travail »
Sauternes, chardonnay, bourriscou, berligou, grolleau, chenin blanc, pinot gris… Depuis 2017, ces cépages donnent lieu à des vendanges chaque année. « Habituellement, nous vendangeons courant septembre. Mais cette année, avec les fortes chaleurs, nous avons vendangé dès la fin août ! », raconte Jean-François Vallée, pas surpris par ce calendrier inhabituel au regard des conditions climatiques extrêmes de l’été 2026.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la vigne rythme la vie de l’association et de ses 60 adhérents. Car derrière ces vendanges se cache un travail de longue haleine. « Pour dire vrai, une vigne, c’est beaucoup de travail, et cela à chaque saison : il faut entretenir les rangs, les tailler, vendanger, puis vinifier », explique Jean-François Vallée.

L’étape finale : la vinification
Car une fois les grappes récoltées, le travail est loin d’être terminé. Encore faut-il transformer le raisin, suivre la fermentation et accompagner le vin jusqu’à son aboutissement. Une autre étape, tout aussi importante, qui prolonge l’engagement des bénévoles bien au-delà des vendanges.
« Comme nous disposons de peu de quantité par cépage, nous devons réaliser des assemblages, précise Claudette Fouquet, l’une des bénévoles chargées de la vinification avec l’appui d’Alain Poulard. Nous sommes des apprentis, mais, d’année en année, nous affinons notre savoir-faire. »
Et le vin, dans tout cela ? Pas question d’en faire commerce. « Aucune de nos bouteilles n’est à vendre, précisent les membres de l’association. Elles servent uniquement à la dégustation et à la préparation du vin chaud pour le Téléthon. »
Au fond, l’essentiel est ailleurs. À travers cette vigne et le travail qu’elle demande, les bénévoles se sentent investis d’une mission : faire découvrir au plus grand nombre le patrimoine viticole de Pénestin et transmettre ce pan de l’histoire locale qui leur tient particulièrement à cœur.






