Vidéo – Débat à l’Assemblée sur la désertification médicale

La désertification médicale des milieux ruraux s’accentue et concerne l’ensemble du secteur médical : absence de médecins généralistes, fermeture de laboratoires d’analyses médicales, raréfaction des spécialistes, fermeture et perte de valeur des pharmacies… Même les kinésithérapeutes ne prennent plus de nouveaux patients ! Je ne représente pourtant pas un territoire déprimé, bien au contraire : sa population augmente et sa densité est assez forte.

L’hôpital public cristallise ces inquiétudes. Les 200 millions d’euros que vous avez accordés aux hôpitaux de proximité ne combleront même pas leur déficit annuel. Les agents de l’hôpital de Ploërmel sont venus devant ma permanence pour exprimer leur désarroi. J’aurais aimé pouvoir les rassurer mais j’en suis, hélas, bien incapable. Comment aurais-je pu le faire alors que le budget de la sécurité sociale affiche un déficit de 5,4 milliards ?

D’autre part, le regroupement de certains centres hospitaliers entraîne leur dévitalisation. Ainsi, le médecin urgentiste de Ploërmel est parti à Vannes, et c’est depuis ce centre qu’il a fallu se déplacer à cinquante kilomètres au nord pour soutenir un patient dont le pronostic vital était engagé. En clair, en fermant des services dans les petits hôpitaux, on creuse leur déficit, ce qui pose problème.

Face au manque de médecins, je ne suis pas certain que l’augmentation de 20 % du numerus clausus soit suffisante, pour une raison simple : lorsqu’un vieux médecin part, il est souvent remplacé par deux médecins et demi, qui veulent travailler comme on travaille aujourd’hui, c’est-à-dire ne plus commencer à huit heures pour finir à vingt-deux heures.

 

Et je les comprends ! Je pousse donc un cri d’alarme. Nos concitoyens estiment que les animaux sont mieux soignés que nous ! On trouve en effet des vétérinaires qui se déplacent, y compris la nuit et le week-end, alors qu’il n’y a plus de médecins !

 

Voilà ce qu’ils me disent ! Et je n’ai guère de réponses à leur apporter.

 

Réponse d’Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé.

 

Je comprends naturellement le désarroi dont vous vous faites l’écho, monsieur Molac, tant au nom de votre territoire que des soignants eux-mêmes. La démographie médicale est telle qu’il existe des difficultés d’accès aux généralistes et aux spécialistes dans tous les territoires.

Les kinésithérapeutes, quant à eux, affichent pour le coup une démographie extrêmement dynamique : il ne devrait donc pas y avoir de difficulté d’accès aux soins dans ce domaine. Le problème tient davantage à leur répartition géographique, contrairement aux médecins.

S’agissant de ces derniers, nous avons augmenté le numerus clausus mais, même sans cette hausse, leur nombre augmentera considérablement à partir de 2027, du fait de l’augmentation décidée en 2005. D’ici là, il restera stable en raison des départs à la retraite et de la formation en cours des médecins existants. Encore une fois, même si nous n’ouvrons pas le numerus clausus, l’augmentation se produira à partir de 2027.

Dans l’intervalle, nous devons réussir à organiser le territoire. Rappelons en effet que la démographie médicale est un problème mondial, particulièrement européen. Nous n’avons donc aucune possibilité de recruter des médecins ailleurs. C’est pourquoi nous avons proposé de créer les communautés professionnelles territoriales de santé – CPTS –, pour que tous les patients trouvent un médecin traitant, pour développer la télémédecine qui permet de gagner du temps, pour que les professionnels puissent conclure des protocoles de coopération – car un grand nombre de pathologies chroniques peuvent bénéficier d’un suivi assuré par d’autres professionnels de santé. Le déploiement des CPTS se fait de manière très volontariste et l’augmentation de leur nombre est dynamique : il en existe déjà 200 sur les 1 000 que nous souhaitons créer.

Quant à l’hôpital que vous évoquez, monsieur le député, 7 millions d’euros viennent d’être mobilisés dès janvier en faveur de la région Bretagne, afin d’y investir dans l’équipement du quotidien. Je reviendrai sur la situation des hôpitaux.

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