Difficultés des structures d’insertion professionnelle

QUESTIONS AU GOUVERNEMENT – Question écrite n° 92382 à la ministre du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du Dialogue social

Question publiée au JO le : 12/01/2016

Texte de la question

M. Paul Molac attire l’attention de Mme la ministre du Travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social sur les difficultés financières de nombreuses structures portant des actions d’ateliers et de chantiers d’insertion. En contribuant à l’accès à l’emploi de personnes rencontrant des difficultés sociales et professionnelles particulières, ces structures, fortement ancrées dans les territoires, constituent un maillon majeur de la politique de lutte contre le chômage et l’exclusion.

Les conditions d’application de la réforme du financement du secteur, notamment le décalage de paiement de l’aide aux postes conventionnelle, mise en place par l’État en 2013 a engendré des difficultés de trésorerie ainsi que des risques potentiels de cessation de paiement. Le réseau national de chantier école demande que l’Agence de services et de paiements verse les aides aux postes par anticipation le 20 du mois courant, permettant ainsi aux structures porteuses d’ateliers et chantiers d’insertion de retrouver une trésorerie saine et conforme à ce qu’elle était avant l’application de la réforme.
Il lui demande donc de bien vouloir lui indiquer les intentions du Gouvernement en la matière.

Réponse publiée au JO le : 10/05/2016

Texte de la réponse

La réforme du financement de l’insertion par l’activité économique, parmi d’autres évolutions, a substitué, pour les ateliers et chantiers d’insertion (ACI), à un financement assuré par des contrats aidés et une aide à l’accompagnement, un financement assuré par une aide au poste d’insertion composée d’un montant socle et d’un montant modulé en fonction des caractéristiques des publics accueillis, de l’effort d’insertion de la structure et des résultats de retour à l’emploi. Les structures d’insertion signent avec les services de l’État, au terme d’un dialogue de gestion, une convention leur reconnaissant le statut de structure de l’insertion par l’activité économique (SIAE) et prévoyant dans une annexe financière annuelle un nombre de postes financés par l’État et, le cas échéant, par le conseil départemental.
La procédure de versement qui s’applique à toutes les structures de l’insertion par l’activité économique (ateliers et chantiers d’insertion, entreprises d’insertion, entreprises de travail temporaire d’insertion, associations intermédiaires) repose sur un paiement mensuel à terme échu, au lieu d’un versement en cours de mois appliqué aux contrats aidés. Le versement intervient le mois suivant la réception du justificatif d’activité. Les aides au poste sont en effet versées par l’agence de services et de paiement (ASP) sur la base de justificatifs de l’activité horaire des salariés en insertion. Ce système nécessite une vigilance particulière des structures d’insertion pour assurer une transmission régulière à l’ASP des pièces justificatives des paiements (suivis mensuels en heures de leurs salariés en insertion).
Afin de prévenir les ruptures de paiement au passage d’une année à l’autre, et d’assurer un niveau de trésorerie suffisant aux structures de l’insertion par l’activité économique, la ministre chargée du travail a demandé aux directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE) d’anticiper sur la tenue des dialogues de gestion annuels en signant les annexes financières avec les structures au plus vite en début d’année.
Les premiers versements sont déclenchés dès transmission à l’ASP de l’annexe financière. A mi-février, les ACI avaient déjà reçu 24,7M€ de versements de la part de l’ASP au titre des nouvelles annexes financières 2016. Par ailleurs, une attention particulière est apportée par les services des DIRECCTE aux situations des ateliers et chantiers d’insertion qui se trouveraient en difficulté financière, de façon à adopter dans les plus brefs délais les mesures appropriées : mobilisation ad hoc de comités de financeurs, travail en lien avec le réseau des dispositifs locaux d’accompagnement ou de France active, ou encore mobilisation du fonds départemental d’insertion (FDI).
La procédure de paiement va évoluer pour l’ensemble des structures d’insertion par l’activité économique, car des travaux de refonte du système de versement de l’ASP, auxquels ont été associés les représentants des structures de l’IAE, ont été engagés en 2015.
Le futur système d’information permettra d’assurer un paiement des structures en cours de mois et au plus près de l’activité réelle sur l’ensemble de l’année, ce qui n’est techniquement pas possible aujourd’hui.

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