Le Père Boudard, homme d’église et de confiance

Joseph Boudard, prêtre de la paroisse de Questembert est un homme de rencontres, pas un homme à dresser des barrières. Accueillant, ouvert à la discussion, dévoué dans une mission ecclésiastique autant qu’humaine, il prône le respect, nécessaire à toute relation, mais aussi la confiance. « Savez-vous d’où vient le terme de confession ? Non ? Eh bien, dans confession, il y a confiance. La confession, c’est donc aller vers quelqu’un avec confiance. »

Des modèles et une volonté d’engagement

Né en 1938, originaire de Glénac, Joseph Boudard étudie au collège de Redon, puis entre au petit séminaire de Ploërmel. Très vite, une vocation se dessine : « J’avais le sens de la solidarité, le sens de l’engagement. » Deux figures de son entourage l’inspirent. La première, son père : « Il avait le sens des autres. Il était secrétaire de mairie et engagé au niveau syndical. » La deuxième est un vicaire qui s’occupe alors des jeunes, mène des équipes de foot et diverses activités de groupe. « On idéalise quand on voit des gens qui font les choses bien : c’est sans doute cela qui a fait que j’ai voulu m’engager. »

Père Boudard1Une voie à trouver

Sa volonté d’engagement est présente très tôt, sans que son objet soit encore défini. Le rêve de sa mère est qu’il reprenne une exploitation agricole, et professionnellement, il se dirige dans cette voie.

Quelle n’est pas la surprise quand il affiche sa volonté d’entrer au séminaire ! Pourtant, il ne se destine pas encore à la vie de prêtre. « Quand on entre au séminaire, on ne devient pas nécessairement prêtre. Une personne sur dix peut-être le devient. Ce sont des études, l’occasion de voir si on veut le faire. »

Le cursus permet de valider ou non la vocation, et les enseignants décèlent chez les étudiants les atouts intellectuels et de caractères qui en feront ou non des prêtres. « Ce qui prime, ce n’est pas tant l’aspect intellectuel, certes important, que le bon sens, la personnalité, le sens des autres. » Son parcours coupé de deux ans et demi de service militaire en Algérie lui « remet les pieds sur terre » et le conforte dans sa vocation. Il devient dans un premier temps professeur de mathématiques, pendant 11 ans, au collège du Sacré-Cœur à Ploërmel.

De l’aumônerie à la paroisse

À 45 ans, voyant le nombre de prêtres diminuer dans sa paroisse, il se dit : « Beaucoup de gens peuvent être professeurs de maths, mais des curés, il y en a moins. » Changement de cap, il reprend des études à Paris – « un recyclage si l’on peut dire » – et se plonge dans la théologie, les cours bibliques et la sociologie. À son retour en Bretagne, il reste dans le milieu enseignant et devient aumônier aux collèges et lycées de Vannes. « Les élèves, les enseignants, c’était mon monde, un univers que je connaissais bien. »

C’est en 1983 qu’il entre en paroisse, d’abord du côté de Caro et Missiriac, puis il est nommé à Allaire pour 12 ans. Cela fait désormais 14 ans qu’il officie à Questembert, avec deux autres prêtres pour huit paroisses.

Une vie, à la manière de la croix chrétienne

Joseph Boudard compare sa manière de vivre son engagement à la croix chrétienne : « Pour qu’elle tienne la route, il faut qu’elle soit bien enfoncée dans le sol. Elle doit avoir une certaine verticale, mais aussi lever le nez. Ensuite, il n’y a pas de croix sans partie horizontale : c’est l’aspect de la solidarité. Voilà mon schéma, mon profil de vie. » Il explique que le prêtre doit être un homme de rencontres, d’écoute et d’intuition. « L’Évangile, ce sont toujours des situations très concrètes. Il y a très peu de choses figées. Les personnes passent avant les idées. Elles font leurs propres choix. »

Être prêtre, c’est préparer, rencontrer, animer

Il compare sa pratique à celle de tout autre animateur, comme dans un club sportif : « Être curé, c’est comme dans le sport… Car je ne vous l’ai pas dit, mais j’ai aussi été sportif ! Un entraîneur ou un joueur ne fait pas que les matchs, il y a aussi les entraînements, la préparation… C’est la même chose : il n’y a pas que les messes ou les cérémonies, il y a toutes les préparations et les rencontres. » L’engagement local, pour lui, c’est aussi cela : avoir le sens du contact, de la relation.

« Mettre en confiance avec soi-même »

De ses années de professorat, il a aussi conservé le goût d’aider chacun à avancer. « Quand on est professeur de maths, on forge les idées pour aborder un problème, on apporte une logique dans la démarche. Mon plaisir de professeur était, certes, de contribuer à faire bien réussir les gens à l’aise, mais surtout, quand quelqu’un doutait de lui, bloquait, c’était de le mettre en confiance avec lui-même pour qu’il y arrive et plus encore, qu’il prenne plaisir à faire des maths.
Débloquer, mettre en confiance avec soi-même, c’est ce que je fais aujourd’hui encore en étant prêtre. 
»

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