Newsletter été 2026 : l’éditorial

Canicule et sécheresse interrogent nos pratiques
Après un hiver pluvieux, l’été est très chaud et particulièrement sec. Si certains persistent encore à nier le réchauffement climatique, difficile d’en ignorer les effets aujourd’hui et à l’avenir…
La résilience des institutions est mise à l’épreuve. Les individus souffrent également, et notamment les plus fragiles. La canicule et la sécheresse que nous vivons a des impacts sur notre écosystème et je pense notamment aux effets sur la faune et la flore. Le tissu socio-économique sera aussi impacté, et il est à craindre des difficultés pour nos entreprises.
En premier lieu, j’ai une pensée pour nos pompiers et l’ensemble des forces de sécurité civile qui ont été particulièrement sollicités par les feux, et pas seulement en Gironde. Je sais qu’ils sont encore sur le qui-vive car au moment où j’écris ces lignes l’été est loin d’être fini.
Je pense aussi à nos agriculteurs. Le devenir des activités agricoles est évidemment lié aux phénomènes climatiques et des épisodes comme celui que nous vivons vont encore fragiliser certaines exploitations et en conséquence des filières entières.
Plusieurs questions restent en suspens avec cette canicule. Il faut bien entendu poursuivre la politique d’isolation des logements, car cela est nécessaire aussi bien en hiver qu’en été. Dès lors, faut-il développer les programmes de climatisation en Bretagne ? Si cette question ne se posait pas il y a quelques années, elle est aujourd’hui d’actualité au moins pour les personnes à risques dans les hôpitaux et les EHPAD, ainsi que pour l’accueil des enfants.
J’ajouterais que le développement des énergies décarbonées nous permettra bientôt de le faire au moyen des énergies renouvelables. Le journal Ouest-France titrait à la mi-juillet que “En Bretagne, près de 80 % de l’électricité produite est renouvelable”. Ces efforts pourront nous permettre à l’avenir d’assurer des augmentations de consommation nécessaires à l’adaptation au dérèglement climatique grâce à l’énergie décarbonée.
L’autre question est bien sûr celle du partage de l’eau. Il va falloir faire des choix car cela va avoir des conséquences économiques et sociales. Le développement de l’habitat est subordonné à la capacité de fournir de l’eau aux usagers. Or nous sommes une région qui manque de logements…
Et je ne saurais oublier en la matière la problématique des besoins agricoles. Le Morbihan est en effet le premier département français de culture de légumes plein champ. Sans irrigation pour ces cultures de petit-pois, haricots et autres, la filière est menacée de disparition en raison des aléas climatiques. Lors de mes déplacements sur le terrain, les concitoyens me demandent régulièrement pourquoi nous n’avons pas stocké l’eau tombée cet hiver pour pouvoir la réemployer cet été. Il se trouve que nous n’avons tout simplement pas les équipements.
Trouver les moyens de stocker de l’eau lors des hivers pluvieux pour pouvoir la réutiliser ne pourra pas cependant se faire en détruisant des zones humides ou cherchant à tout irriguer car la ressource restera limitée. Les années exceptionnellement pluvieuses sont tout de même assez rares. De plus, certains modes d’irrigation sont peu performants. J’attends beaucoup dans ce domaine de l’intelligence collective en concertation avec les acteurs locaux (agriculteurs, élus, entreprises, associations et services de l’État) pour trouver des solutions pragmatiques et respectueuses du milieu naturel. Car je reste persuadé qu’en la matière, les spécificités territoriales ne sont pas adaptées à des normes votées pour l’ensemble du territoire français, nous avons besoin d’adaptation en fonction des besoins de chaque bassin versant.






