Newsletter juin/juillet 2026 : l’éditorial

Canicule et sécheresse interrogent nos pratiques
Après un hiver particulièrement pluvieux, l’été est très chaud et particulièrement sec. Si certains veulent nier le réchauffement climatique, on perçoit bien qu’il est à l’œuvre …
La résilience des institutions est mise à l’épreuve ainsi que celle des entreprises. Les personnes également souffrent en particulier les plus fragiles. Difficile de faire encore un premier bilan précis mais la canicule que nous vivons aura des impacts sur les personnes, sur les entreprises et bien sûr sur la faune et la flore. Je pense bien sûr à nos pompiers qui ont été particulièrement sollicité par les feux et pas seulement en Gironde. Je sais qu’ils sont encore sur le qui vive car au moment où j’écris ces lignes l’été est loin d’être fini. Je pense aussi à nos agriculteurs. L’agriculture est évidemment liée aux phénomènes climatiques et des épisodes comme celui que nous vivons va encore fragiliser certaines exploitations.
Plusieurs questions restent en suspend avec cette canicule. Il faut poursuivre la politique d’isolation des logements, cela sert aussi bien l’hiver que l’été. Mais une autre question se pose : « Faut-il développer la climatisation en Bretagne ? ». Si cette question ne se posait pas il y a quelques années, elle se pose aujourd’hui au moins pour les personnes à risques dans les hôpitaux et les EHPAD, voire pour l’accueil des enfants et dans certains îlots urbains. J’ajouterai que le développement des énergies décarbonées nous permettra bientôt de le faire avec l’énergie renouvelable. Ouest-France titrait, il n’y a pas longtemps, 80 % de la consommation électrique produite par les renouvelable. Bientôt, on passera à 100 %.
L’autre question est bien sûr celle du partage de l’eau. Beaucoup de nos concitoyens me demandent pourquoi nous n’avons pas stocké l’eau tombée cet hiver et faire des réserves pour cet été. La réponse est simple, nous n’avons pas les équipements nécessaires et beaucoup de nos activités, pas seulement agricoles, dépendent de notre capacité à avoir suffisamment d’eau. Le développement de l’habitat est par exemple subordonné à la capacité de fournir de l’eau aux usagers. Or nous sommes une région qui manque de logements.
L’autre question est bien sûr celle des besoins agricoles. Le Morbihan est le premier département français de légumes plein champ. Sans irrigation pour ces cultures de petit-pois, haricots et autres, la filière est menacée à court terme de disparition devant les aléas climatiques. Alors, il va falloir trouver les moyens de stocker de l’eau lors des hivers pluvieux pour pouvoir la réutiliser quand ce sera nécessaire. Mais cela ne pourra pas se faire en détruisant des zones humides ou cherchant à tout irriguer car la ressources est limitée. Les années exceptionnellement pluvieuses sont tout de même assez rares. J’attends beaucoup dans ce domaine de l’intelligence collective en concertation avec les acteurs locaux (agriculteurs, élus, entreprises, associations et services de l’État) pour trouver des solutions pragmatiques et respectueuses de tous et des besoins du milieu naturel.






