[Portrait du mois] Pierrick Courjal, la pêche comme passion

Pêcheur à Peillac, il promeut la pêche dans tout le Morbihan

Pierrick Courjal est porté par deux passions : la cuisine et la pêche. La première a été son métier, et la seconde est bien plus qu’un loisir. Le lien entre les deux n’est pas tant le plaisir de la bonne chère que le partage : la joie et la convivialité d’un bon repas, la transmission entre générations, les rencontres sans distinction de milieux sociaux, une communion autour des choses simples qu’offre la vie. La relation aux autres est le moteur de Pierrick Courjal : c’est comme cela qu’il a évolué dans sa profession et dans ses engagements au sein des associations locales de pêche.

 

La pêche : un souvenir d’enfance entre petit-fils et grand-père

« Je suis tombé dans la pêche quand j’étais tout petit, avec mon grand-père. C’était un passionné. » Pendant toute son enfance à Saint-Dolay, Pierrick Courjal pêche puis, pris dans une vie professionnelle trépidante de chef cuisinier, il oublie pendant plusieurs années ce loisir. Itinérant, il fait des saisons entre la côte bretonne et l’Alpe d’Huez, jusqu’au jour où il rencontre celle qui deviendra son épouse. Ensemble, ils s’installent à Peillac.

Le rythme n’est pas plus calme pour autant : il quitte la maison à 5 heures et rentre tous les soirs à 20 heures, après une journée intense à Vannes. Père de quatre enfants, il déplore de ne pas les voir grandir. En 2000, il stoppe tout et révise l’ordre de ses priorités. D’abord sa famille, puis ses loisirs — la pêche — et enfin son travail. Embauché en restauration collective au centre hospitalier de Redon, il trouve des horaires plus compatibles avec une vie personnelle et se fixe un objectif : exceller dans le cadre qui lui est donné. « À l’hôpital, les repas sont parmi les seuls moments où le patient peut se faire plaisir et se sentir bien. Nous nous sommes battus pour continuer à faire de la cuisine sur place et réaliser de bons plats comme des cassoulets, des bourguignons… » De 2007 à 2012, il participe à des concours de restauration collective et remporte, en 2012, le Trophée des chefs « Plateau du malade », décerné par l’Association culinaire des établissements hospitaliers de France. Son équilibre se rompt en 2013 : un accident le contraint à s’arrêter. Il est reclassé en adjoint administratif, ce qui lui permet de conserver un emploi.

En parallèle de ses défis de chef, Pierrick Courjal a occupé son temps de loisir à la pêche. De 2002, son adhésion à l’APPMA (Association pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique) Pêches Loisirs de l’Oust, à 2022, il s’est de plus en plus impliqué, jusqu’à briguer des responsabilités départementales.

 

 

Un engagement croissant auprès des pêcheurs du Morbihan

À peine trois ans après son adhésion à l’APPMA Pêches Loisirs de l’Oust, association qui s’étend sur les communes de Peillac, Les Fougerêts, Saint-Gravé et Saint-Martin-sur-Oust, Pierrick Courjal en devient le président. Il représente l’association de 2005 à 2015, puis passe en second plan, sur le poste de vice-président, pour s’engager au niveau de la fédération départementale de pêche du Morbihan. De 2015 à 2021, il en est le trésorier. Pour 2022, il brigue le mandat de président. « Le 26 mars, je postule au conseil d’administration et à la présidence. » L’homme est de toutes les actions de la fédération. Il s’investit aussi bien dans la mission de développer le loisir pêche avec de nombreuses animations à destination de tous les publics que dans celle de préserver et de valoriser les milieux aquatiques. En effet, ce sont les associations locales et les fédérations départementales qui entretiennent les berges. « Être pêcheur, c’est être au chevet de la rivière. Nous ne sommes pas que consommateurs, loin de là ! Nous sommes des protecteurs, des sentinelles des cours d’eau. » Les APPMA prennent en charge leurs espaces et, chaque année, la fédération du Morbihan apporte son aide à l’une d’elles pour un grand chantier. « Chaque année nous sommes entre 200 et 250 personnes à notre journée départementale d’entretien des cours d’eaux. Souvent, les abords de la rivière ont été abandonnés pendant 30 ans, il n’y a plus beaucoup d’accès possible, à cause des enchevêtrements d’arbres tombés et de ronces. Cela montre combien il est important d’entretenir très régulièrement les cours d’eau. »

 

Un site unique en Europe à Rieux

Pierrick Courjal est fier de sa région et de son loisir. Il est intarissable sur la richesse piscicole du Morbihan et sur la variété de ses sites de pêche, qui attirent des touristes de toute la France, voire de toute l’Europe. « Il y a une vraie valeur économique touristique de la pêche à mettre en avant. Ce loisir génère du tourisme et des retombées à prendre en compte. » Le site de Tranhalleux (Rieux), à une vingtaine de kilomètres de Peillac, sur la Vilaine, est plébiscité par les pêcheurs. « C’est un parcours international de pêche. C’est le seul en France et en Europe où toutes les compétitions sont possibles. Il a déjà accueilli le Championnat du monde de pêche au feeder. C’est un lieu emblématique à promouvoir activement ! » Cet espace, il l’a connu au cœur de fortes tensions entre pêcheurs amateurs et pêche professionnelle, avec des pratiques parfois peu sélectives. Aujourd’hui, il préfère retenir le chemin parcouru : « sur la Vilaine, nous avons obtenu une expérimentation pour une pêche plus respectueuse de la ressource, avec l’interdiction de la pêche professionnelle sur le secteur de Rieux, toujours maintenue par la DDTM ». C’est une vraie fierté, mais aussi une responsabilité : « à nous maintenant de nous montrer à la hauteur, en consolidant nos données et en poursuivant notre engagement pour la qualité de l’eau et des milieux ».

« La pêche a changé depuis quelques années maintenant. La conservation des espaces naturels est au cœur des préoccupations des pêcheurs, qui pensent aussi de plus en plus au bien-être animal. Aujourd’hui, beaucoup de pêcheurs privilégient le « no kill », c’est-à-dire qu’ils ne tuent plus le poisson et le remettent vivant à l’eau. Nous pêchons désormais sans ardillon, pour ne pas blesser le poisson. » Les amateurs de pêche ont changé. « Contrairement à ce que l’on imagine, ce ne sont pas que des retraités. Nous avons toutes les catégories d’âge et de statut social ! La pêche est l’occasion de rencontrer des personnes toutes générations et tous milieux confondus, de discuter, de partager ses bonnes pratiques… En m’engageant dans ces associations, j’apporte mon aide aux pêcheurs, sur plein de plans différents. C’est ce qui me passionne et m’anime », conclut Pierrick Courjal.

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