Rapport Euzet – Kerlogot : le constat est là, les propositions manquent

Rapport Euzet – Kerlogot : le constat est là, les propositions manquent

 

 Mes collègues de la majorité Christophe Euzet et Yannick Kerlogot ont remis hier au Premier ministre, en présence du ministre de l’Éducation nationale leur rapport sur l’enseignement des langues régionales.

A la suite de la prise de parole de la part du Président de la République, je note avec intérêt que le sort de l’enseignement de nos langues de France est désormais sur la table au plus haut sommet de l’État. Il revient donc désormais à l’exécutif de prendre ses responsabilités en la matière et de sécuriser juridiquement l’enseignement immersif.

Mes deux collègues reconnaissent la situation très délicate dans laquelle nous nous trouvons à la suite de la décision du Conseil constitutionnel du 21 mai. Je m’étonne cependant de la timidité des propositions, qui sont bien éloignées de ce qui est nécessaire pour assurer la sécurisation juridique de la méthode d’enseignement par immersion. Seule une procédure de révision de la Constitution permettra de sécuriser définitivement l’enseignement immersif de nos langues. Je ne comprends pas que cette proposition soit jugée par les rapporteurs comme « non souhaitable ».

En effet, plus de 140 parlementaires, dont une très grande majorité de l’opposition, se sont d’ores et déjà associés à la lettre que j’ai adressée au Président de la République pour demander d’engager cette procédure de révision. Cela prouve bien que réunir une majorité entre l’Assemblée et le Sénat est possible. Nous l’avons d’ailleurs prouvé lors de la discussion parlementaire où c’est le Sénat qui avait introduit l’article concernant l’immersion. Il nous reste encore six mois de travaux parlementaires, ce qui est largement suffisant pour procéder au vote d’une loi référendaire. Il ne s’agit que de volonté politique.

Aussi, à la lecture des propositions, je suis inquiet de potentiels reculs dans la pédagogie portée par les réseaux d’enseignement immersif dont Diwan. Notamment de la proposition de faire évoluer la pédagogie afin de rogner sur l’enseignement en langue régionale en maternelle. Ce serait une régression par rapport à une pédagogie vieille de 50 ans, qui a fait ses preuves, en ce qui concerne la maîtrise de la langue française comme de la langue régionale. Je ne crois pas non plus à la pertinence d’un comité nommé « Conseil national de l’enseignement des langues régionales » dirigé depuis la haute administration du ministère de l’Éducation nationale, là où les offices publics des langues régionales travaillent déjà en synergie avec les régions et l’État. Ce genre de comité a d’ailleurs déjà existé et n’a eu aucun effet.

Gageons que le Premier ministre, lorsqu’il recevra les associations concernées comme il l’avait promis, entendra de vive voix leurs craintes qui ne devraient pas être éteintes avec la publication de ce rapport.

 

Paul Molac

 

 

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