Réflexion sur les événements du 17 octobre…
[𝐑𝐞́𝐟𝐥𝐞𝐱𝐢𝐨𝐧]
Nous avons toutes et tous été choqués à la suite des événements qui se sont déroulés samedi dernier…
J’aurai tout d’abord une réflexion 𝐬𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐜𝐨𝐥𝐞̀𝐫𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐬’𝐞𝐱𝐩𝐫𝐢𝐦𝐞 qui s’exprime aujourd’hui dans notre pays. Elle doit être entendue. Que ce soit celle de la jeunesse, comme celle des travailleurs, des agriculteurs, des enseignants, des soignants… et de tant d’autres qui doivent, chaque jour, faire face à la vie chère, face à des conditions de vie et de travail qui se dégradent et à un avenir de plus en plus incertain.
Je reçois trop souvent ces témoignages, venus de tous les horizons. Derrière chacun d’eux, des difficultés bien réelles : 𝐮𝐧 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐝’𝐚𝐜𝐡𝐚𝐭 𝐪𝐮𝐢 𝐫𝐞𝐜𝐮𝐥𝐞, 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐢𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐦𝐨𝐢𝐬 𝐩𝐥𝐮𝐬 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐢𝐜𝐢𝐥𝐞𝐬, 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐞𝐫𝐯𝐢𝐜𝐞𝐬 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐜𝐬 𝐟𝐫𝐚𝐠𝐢𝐥𝐢𝐬𝐞́𝐬. Ces réalités ne peuvent être ignorées. Elles appellent des réponses concrètes, à la hauteur des difficultés rencontrées par nos concitoyens.
Mais entendre ces revendications 𝐧𝐞 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐢𝐟𝐢𝐞 𝐩𝐚𝐬 𝐜𝐚𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐯𝐢𝐨𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐝𝐞𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 qui peuvent survenir en marge des mobilisations.
Et je tiens ici à faire une 𝐝𝐢𝐬𝐭𝐢𝐧𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐭𝐫𝐞̀𝐬 𝐜𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞 entre les manifestants, lycéens, étudiants, salariés ou encore chefs d’entreprise, qui exercent légitimement leur droit de manifester, 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐚𝐬𝐬𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐞𝐭 𝐩𝐢𝐥𝐥𝐞𝐮𝐫𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐢𝐭𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐜𝐞𝐬 𝐫𝐚𝐬𝐬𝐞𝐦𝐛𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐜𝐭𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐝𝐞́𝐥𝐢𝐧𝐪𝐮𝐚𝐧𝐜𝐞.
Les dégradations, les incendies et les pillages sont inacceptables. Ils pénalisent d’abord les habitants, les commerçants et les collectivités, et ce sont finalement nos concitoyens qui en supportent le coût, à travers leurs impôts ou leurs primes d’assurance.
C’est précisément pour éviter ces situations que 𝐥𝐞 𝐫𝐨̂𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐬𝐞𝐫𝐯𝐢𝐜𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐧𝐬𝐞𝐢𝐠𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐢𝐭𝐨𝐫𝐢𝐚𝐥 𝐞𝐬𝐭 𝐞𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥. La prévention des violences doit commencer bien en amont des manifestations, par un travail de renseignement permettant d’identifier les risques, d’anticiper les actions de groupes violents et de prévenir les pillages et les destructions. 𝐈𝐥 𝐧𝐞 𝐬’𝐚𝐠𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐮𝐫𝐯𝐞𝐢𝐥𝐥𝐞𝐫 𝐨𝐮 𝐝𝐞 𝐬𝐭𝐢𝐠𝐦𝐚𝐭𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐧𝐢𝐟𝐞𝐬𝐭𝐚𝐧𝐭𝐬, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐛𝐢𝐞𝐧 𝐝𝐞 𝐝𝐢𝐬𝐭𝐢𝐧𝐠𝐮𝐞𝐫 𝐜𝐞𝐮𝐱 𝐪𝐮𝐢 𝐞𝐱𝐞𝐫𝐜𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐜𝐢𝐟𝐢𝐪𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐮𝐧𝐞 𝐥𝐢𝐛𝐞𝐫𝐭𝐞́ 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐚𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐞𝐮𝐱 𝐪𝐮𝐢 𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞𝐧𝐭 𝐚̀ 𝐢𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐛𝐢𝐥𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐭𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐞𝐱𝐚𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬. Renforcer les moyens humains et opérationnels du renseignement territorial, c’est permettre une action plus ciblée et plus efficace, tout en préservant le droit de manifester.
J’avais justement interrogé le Ministre de l’Intérieur sur ce point lors de son audition face à la commission des lois et il y a deux semaines. 𝐄𝐭 𝐬𝐚 𝐫𝐞́𝐩𝐨𝐧𝐬𝐞 𝐚𝐯𝐚𝐢𝐭 𝐞́𝐭𝐞́ 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐪𝐮𝐞 𝐩𝐞𝐮 𝐞́𝐯𝐚𝐬𝐢𝐯𝐞…Vous pouvez retrouver cet échange en commentaire.
Je tiens à adresser tout mon soutien aux élus locaux, aux agents publics, aux commerçants et aux habitants des territoires touchés. Les collectivités ne doivent pas être laissées seules face aux conséquences de ces violences et doivent pouvoir compter sur les moyens nécessaires pour y faire face.
J’adresse également tout mon soutien aux policiers et aux gendarmes mobilisés, ainsi qu’aux personnels du renseignement territorial dont le travail, souvent discret, est indispensable à la prévention des troubles. Ils doivent disposer des moyens nécessaires pour assurer la sécurité de tous, prévenir les violences et garantir l’exercice des libertés publiques.
Notre responsabilité collective est double : prendre au sérieux les difficultés exprimées et garantir que chacun puisse manifester librement et pacifiquement, sans subir les agissements de groupes violents. 𝐋𝐞 𝐦𝐚𝐢𝐧𝐭𝐢𝐞𝐧 𝐝𝐞 𝐥’𝐨𝐫𝐝𝐫𝐞 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐨𝐭𝐞𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐛𝐞𝐫𝐭𝐞́𝐬 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐧𝐞 𝐝𝐨𝐢𝐯𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐬 𝐞̂𝐭𝐫𝐞 𝐨𝐩𝐩𝐨𝐬𝐞́𝐬 : 𝐢𝐥𝐬 𝐝𝐨𝐢𝐯𝐞𝐧𝐭 𝐚𝐥𝐥𝐞𝐫 𝐝𝐞 𝐩𝐚𝐢𝐫
La prévention, le renseignement et le dialogue doivent permettre de concilier ces deux exigences, tandis que les revendications exprimées doivent trouver des réponses politiques concrètes.
Paul Molac






