Visite de l’entreprise Drone Act à Malestroit.

Remarquable. Ainsi pourrait-on qualifier le parcours de l’entreprise @Drone Act, née au sein de la nurserie numérique de Malestroit et aujourd’hui sur le point de lancer sa propre production industrielle à Saint-Abraham.
Une montée en compétences fulgurante que j’ai eu la chance de mieux comprendre lors d’une visite de l’établissement, aux côtés de Jean-Yves Le Drian, ancien ministre, de Jean-Luc Bléher, président d’Oust à Brocéliande Communauté, et de Gaëlle Stricot, maire de Saint-Abraham.
À la tête de cette entité encore méconnue du grand public : Vincent Muller. Ce « mi-Breton, mi-Berrichon », passionné de robotique et fasciné par les capacités de l’impression 3D, a eu l’idée, il y a une dizaine d’années, de créer « Drone Act », une entreprise spécialisée dans la conception de drones. « J’ai tout de suite senti le potentiel de ce type d’appareil », explique-t-il. Et pour cause : dix ans plus tard, l’entreprise, qui se consacrait jusque-là exclusivement au développement de drones à usage professionnel, s’apprête à se lancer dans l’industrialisation de ses engins volants.
70 % d’entre eux sont pensés pour servir le domaine de la défense et de la sécurité. « J’ai rapidement développé des drones pour les commandos de la Marine nationale », explique le PDG. Et pourtant, il y a quelques années encore, pousser les portes de l’armée était loin d’être gagné… « Il n’y avait pas de drones lorsque je suis arrivé comme ministre de la Défense », se rappelle d’ailleurs Jean-Yves Le Drian. « Ils étaient encore mal perçus à l’époque. Ils étaient vus comme des concurrents directs par les pilotes et n’étaient donc pas encore les bienvenus. »
Les temps ont bien changé, et le contexte international a largement démontré, aujourd’hui, que les drones sont devenus incontournables. Pour Drone Act, il est donc temps d’enclencher la vitesse supérieure et de fabriquer ses drones à une échelle industrielle.
Pour ce faire, Jocelyne Madec, directrice générale, pilote la structuration et la montée en puissance des lignes de fabrication. Un travail qui comprend, dans le même temps, une réflexion sur la souveraineté, notamment industrielle. « Pour beaucoup de composants, nous dépendons de l’industrie asiatique. Avec différents partenaires, nous essayons donc d’imaginer des solutions alternatives. »
Reconnue pour son bureau d’études, l’entreprise morbihannaise change aujourd’hui de dimension. Elle a ainsi intégré de nouveaux locaux sur le parc d’activités de Saint-Abraham, où elle emploie déjà 16 salariés. Objectif visé : passer de 200 prototypes montés par an à une production de 10 000 drones en série.
L’entreprise, qui a réalisé 800 000 euros de chiffre d’affaires en 2025, escompte boucler l’année 2026 avec un volume d’affaires dépassant les 3 millions d’euros. « Les commandes passées nous y confortent », souligne le dirigeant.
Bravo à M. Muller et à son équipe : une belle réussite qui fait la fierté de notre territoire et montre que l’innovation et l’avenir industriel s’écrivent aussi ici, en milieu rural.

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