Claudine Le Breton, animatrice à domicile pour seniors. Des moments joyeux et agréables en partage

Claudine Le Breton est animatrice à domicile pour seniors. Habitante de Montertelot depuis 35 ans, elle a consacré sa vie professionnelle aux personnes âgées, en tant que salariée d’organismes intervenant à domicile et en structure spécialisée. Elle a toujours eu à cœur de pratiquer son métier avec bienveillance, gaité et respect. Pour ses 50 ans, elle s’est lancé un défi : créer son activité — une activité inédite « n’entrant dans aucune case » —, sans passer par les études de marché préconisées, mais avec passion et motivation. Très vite, elle a su qu’elle avait fait le bon choix.

Penser les besoins des personnes âgées autrement

Pionnière, Claudine Le Breton a inventé son métier en faisant le constat d’un besoin. « On s’occupe des personnes âgées en faisant leur toilette, en leur donnant à manger et en s’occupant de leur ménage… Mais après ça, leur journée est-elle finie ? Bien sûr que non ! La journée d’une personne âgée ne peut se réduire à manger et dormir », explique-t-elle avec conviction. Son expérience de 30 ans auprès du public âgé lui a fait prendre conscience de quelque chose d’essentiel : « […] l’importance des besoins intellectuels, des loisirs et des joies simples de la vie doit être prise en compte au même titre qu’un suivi médical et une hygiène de vie respectueuse de la personne », peut-on désormais lire sur sa plaquette de présentation. L’évidence est là, certes, mais rien n’est pour autant fait dans ce sens, ou si peu. Le cheminement se fait pas après pas : « Quand j’intervenais comme auxiliaire de vie, il m’arrivait de chantonner, de blaguer… Les gens étaient preneurs. » En 2003, elle se forme pour proposer des animations aux personnes âgées et obtient son BEATP (Brevet d’État d’Animateur Technicien de l’Éducation Populaire) : « Animatrice est un métier qui ne s’invente pas ! ». Elle a la chance de pouvoir exercer dans l’organisme où elle est salariée, avec le soutien de l’équipe, des bénévoles et des familles. Cependant, en 2008, une restructuration la contraint de cesser ses animations. « Ça a été la panique à bord ! Alors on a fait machine arrière et tenté de reprendre les animations, mais dans des conditions hélas moins favorables. J’étais sur tous les fronts, sans cesse interrompue par les bips et le téléphone. Cela ne pouvait pas durer. J’avais alors 50 ans, mes enfants étaient dans la vie active… Si je ne me lançais pas à ce moment-là, je ne le ferais jamais. Alors, en 2009, j’ai quitté mon emploi et j’ai tenté l’aventure de l’autoentreprise. » Elle tâtonne et a l’impression d’un véritable parcours du combattant, jusqu’à ce qu’elle trouve, un an plus tard, le statut qui lui convient, devenant entrepreneure salariée d’une coopérative morbihannaise. Entre temps, elle ajoute des cordes à son arc avec une formation Alzheimer et Maladies apparentées.

Un seul mot pour tout dire : la bienveillance

Patience, respect, empathie, bienveillance sont les mots qui reviennent sans cesse quand Claudine parle de son métier et de la manière dont elle tient à l’exercer. « Il faut être humble face à ces personnes âgées, être là pour les accompagner, ne pas les mettre en difficulté. Le cerveau, c’est comme les jambes, à 80 ans, il ne fonctionne plus comme à 20 ans. » Chacune de ses animations — à domicile, dans un établissement spécialisé, pour une seule personne ou un petit  groupe — doit être un moment de plaisir partagé, de complicité, de confiance. Grâce à un entretien et un questionnaire rempli avec la famille ou les aidants en amont, Claudine prend en compte la personnalité et le vécu de chacun de ses clients, pour que ceux-ci ne soient jamais en difficulté, ni intellectuelle ni émotionnelle.

Si elle arrive avec un sac à malices plein d’idées et d’activités, rien n’est jamais improvisé. Elle a adapté nombre de jeux et d’activités pour qu’ils conviennent aux personnes qu’elle accompagne, et personnalise chacune de ses interventions. Par exemple, constatant que le jeu des petits chevaux était devenu compliqué pour les personnes désorientées, elle l’a modifié : non plus 4, mais 2 chevaux, dont le sien où est indiqué de manière très lisible son prénom afin d’éviter toute confusion, un seul sens de marche et suppression des lancers de dés finaux (les 1, 2, 3, 4, 5, 6). Elle transforme systématiquement : « Je découpe, je colle, je fluotte, je plastifie, je rigidifie pour plus de préhension. J’aime inventer des jeux pour m’adapter au mieux à la pathologie de certains de mes clients (faible vision, ouïe défaillante, gros soucis cognitifs…). » Aux suggestions de jeux s’ajoutent des ateliers manuels, comme de la peinture, du dessin, du bricolage…, mais aussi des quiz musicaux au son de son accordéon et des promenades avec son fauteuil. Claudine propose aussi des séances de détente main et visage : « Ce contact apporte du bien-être aux personnes qui sentent que l’on s’occupe d’elles et qu’elles sont au centre de l’attention. »

Une nouvelle envie : partager et transmettre

11 ans après sa création d’entreprise, à l’approche de la retraite, Claudine souhaite transmettre son activité et son expérience. Le premier pas en ce sens est le cahier de jeux qu’elle a composé et édité elle-même. Elle y a compilé des jeux de mémoire et de logique adaptées aux personnes âgées et/ou atteintes de maladies neurodégénératives. Inspirés de ce que l’on trouve dans les magazines, ces jeux sont simplifiés pour que les personnes soient dans l’amusement et le plaisir. « Ce cahier se destine aussi bien aux aidants et aux familles pour passer un temps ludique, qu’aux aides à domicile, à qui il restera 15-20 minutes à passer au domicile de la personne après le ménage, ou aux animateurs qui cherchent des ressources pour créer de nouveaux ateliers en établissement de santé. J’imagine qu’on puisse l’offrir à une personne âgée pour Nöel, aussi facilement qu’une boîte de chocolat ! » Celles et ceux qui l’acquerront découvriront qu’elle y a prodigué quelques conseils : des petites choses simples qui facilitent la communication et le contact avec les personnes âgées.

Claudine pense aussi à l’avenir et à transmettre le relais de son activité. « J’aimerai trouver quelqu’un qui prendrait ma suite. Une personne qui partage des valeurs et qualités de respect, d’empathie, qui soit calme, patiente, psychologue, observatrice, le tout sans jamais juger. La sensibilité et le savoir-être sont aussi importants. Surtout, il est indispensable de se souvenir que ces personnes à animer sont des adultes à part entière et que leur vécu pourrait bien parfois nous donner des leçons ! »

Informations complémentaires :

Le cahier de jeux de Claudine Le Breton est en vente, auprès d’elle, au prix de 15 €.

Informations et renseignements : animation@claudinelebreton.fr/www.claudinelebreton.fr

 

 

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