Pourquoi je démissionne du groupe parlementaire écologiste

Dans une décision collective avec les cinq autres membres de la composante réformiste du groupe Écologiste de l’Assemblée nationale représentée jusqu’alors par François de Rugy, nous avons décidé de démissionner de ce groupe créé en 2012.

Bien qu’encarté dans aucun parti politique, j’avais pu y faire valoir ma sensibilité régionaliste progressiste, membre de la majorité, grâce à un respect des équilibres internes au groupe représenté depuis octobre 2015 par une co-présidence plurielle et des droits d’actions et d’expressions partagés pour chacune des deux tendances. Or, par un coup de force des députés écologistes contestataires, cette co-présidence a été purement et simplement supprimée au profit d’une unique présidence de Cécile Duflot, remettant en cause la pluralité qui fondait l’existence d’un groupe autonome.

Avec mes cinq autres collègues, j’ai donc décidé de démissionner d’un groupe parlementaire écologiste qui a été vidé de tout sens. Cet épisode fait suite à de nombreux autres reflétant l’incompréhension mutuelle et la grande difficulté à travailler au sein du groupe.

Je serai désormais rattaché en tant que député Apparenté au groupe parlementaire Socialiste, écologiste, républicain et citoyen (SERC), au sein duquel nous créerons une composante distincte et pleinement indépendante. Au sein de cette nouvelle composante, je conserverai toute ma liberté d’expression, d’amendement des textes, d’initiative de propositions de loi et de vote. Surtout, grâce à ce rattachement à un groupe parlementaire, je continuerai à disposer des moyens me permettant d’agir pour mon territoire et d’exprimer les idées régionalistes qui sont les miennes, chose qui ne me serait pas permise si je devais siéger en tant que député non inscrit, unique alternative, et pour qui pratiquement aucun droit de parole et d’action n’est assuré.

Je me laisse ainsi l’opportunité de pouvoir continuer à représenter et à défendre au mieux les habitants du territoire, axe de mon engagement politique depuis le début du mandat qu’ils m’ont confié, et cela dans toute l’indépendance qui me caractérise. Tout autant que je n’étais pas membre d’EELV alors que je siégeais au sein du groupe écologiste, je ne serai pas membre du Parti socialiste pour autant. Je demeure un député et citoyen non encarté à la sensibilité régionaliste et progressiste affirmée, et je compte bien profiter de la dernière année de mandat pour continuer à agir concrètement. »

Paul Molac.

2 réponses

  1. 20 mai 2016

    […] « Il faut sortir de la posture politicienne » selon Frédérique Espagnac jointe au téléphone. On ne peut qu’être d’accord après le torpillage de la charte au Sénat par la droite et le coup bas de la gauche à l’Assemblée Nationale de la proposition de loi de Paul Molac. Après ces échecs, les 2 parlementaires ont travaillé chacun de leur côté. Ils ont tenté d’avoir l’oreille du gouvernement. C’est Jean-Jacques Urvoas -alors président de la Commission des Lois- et Frédérique Espagnac qui ont réussit à convaincre François Hollande qu’une majorité pouvait exister pour la Charte européenne. C’est Paul Molac qui a agit, un peu seul il est vrai, pour profiter d’une fenêtre parlementaire en déposant sa proposition de loi. Le député du Morbihan vient tout juste de quitter le groupe des écologistes pour rejoindre les socialistes. Il s’en explique sur son site : […]

  2. 17 mai 2018

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