Tiphaine Chatal. Entre renouveau, retour aux sources et transparence

« Venez découvrir la vie à la ferme ! » invite Tiphaine Chatal, agricultrice, éleveuse et initiatrice d’une ferme pédagogique à Nivillac. L’exploitation agricole qu’elle gère aujourd’hui avec sa mère et son conjoint est celle de ses grands-parents. « Ils l’ont créée quand ils se sont mariés, en réunissant les fermes voisines de leurs parents respectifs », explique la jeune agricultrice, quatrième (si ce n’est plus) d’une longue lignée d’éleveurs. Chaque génération a agrandi l’exploitation au fil des années et des opportunités. Chacun l’a faite sienne, s’adaptant aux évolutions de chaque époque.

L’agriculture et l’élevage ne se pratiquent plus aujourd’hui comme il y a 20 ans, 40 ans, 60 ans… Les attentes des professionnels comme du public ont considérablement changé. C’est ce que nous raconte, à travers son parcours et ses initiatives, cette jeune agricultrice dynamique et passionnée.

Devenir éleveuse en pleine crise du lait

Tiphaine s’est engagée dans l’aventure familiale quand un voisin est parti à la retraite et a vendu ses terres. C’était en 2014. Auparavant, elle exerçait comme animatrice en centre équestre. Passionnée par les chevaux et sensible depuis toujours au métier de ses parents, elle savait qu’elle reprendrait un jour le flambeau familial. Elle avait toutefois posé une condition : que la ferme dispose de plus de pâturages. La vente par le voisin permettant de doubler la superficie de prairies disponible pour les vaches, l’affaire est scellée. Il restait toutefois un autre point en suspens. « Je n’avais pas passé mon bac… J’étais sortie des études le plus vite possible ! Mais il a fallu que je me rattrape. Je suis retournée à l’école pour passer le BPREA [Brevet professionnel responsable d’exploitation agricole]. Maintenant, à chaque rencontre avec des classes, je dis aux élèves qu’il est important de passer le bac ! »

Tiphaine rejoint ses parents et prend avec eux la direction de l’exploitation. Tout comme son conjoint, qui fait aussi partie de l’aventure, elle est animée par des envies de changements. Les pratiques d’élevage ont évolué et Tiphaine a en tête de mettre en pratique ce qu’elle a appris et, surtout, ce en quoi elle croit. À cela s’ajoute le contexte économique de crise du lait qui transforme son souhait en nécessité vitale. Elle développe les pâturages, met en place des systèmes plus économes en aliments et recherche une optimisation des coûts. Son père redéploie ses talents au sein d’une entreprise d’aménagement paysager et sa mère prend en charge la partie administrative. Un employé agricole est embauché à mi-temps pour épauler les deux jeunes éleveurs.

Tiphaine transforme la ferme et l’intègre dans une démarche d’agriculture raisonnée. Elle veille au bon usage des ressources naturelles et au bien-être de ses animaux. Elle s’engage au sein de la S.E.M.’AGRI, à savoir des groupes de réflexions et d’échanges proposés par la Chambre d’agriculture. Secrétaire du bureau de la S.E.M.’AGRI, administratrice du bureau de RES’AGRI, elle prend part aux groupes de réflexions sur la gestion raisonnée des produits phytosanitaires, le lait et la médecine alternative.*

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Redécouvrir la terre et renouer le dialogue

La création d’une ferme pédagogique fait partie du projet initial de Tiphaine. « Si je reprenais la ferme, je voulais avoir de l’accueil. Je voulais raconter mon métier. » Ses parents proposaient déjà des portes ouvertes avec le GVA. Elle en garde un excellent souvenir et approfondit l’initiative. Naît l’idée de La petite Arche de la Vallée. « On m’a offert Gniouf Gniouf, une truie du Vietnam, en premier. C’est elle qui a démarré le cheptel, puis on a aménagé les lieux pour un accueil du public en toute sécurité. Nous avons aussi réfléchi à l’organisation d’ateliers pédagogiques, destinés d’abord aux scolaires, mais adaptables à tout type de groupes. » L’objectif de ces ateliers est de répondre à toutes les questions sur l’agriculture et l’élevage. « Nous proposons aux personnes de venir dans la ferme voir ce qui se passe. Nous expliquons la réalité de nos métiers. Cela permet aux enfants de reprendre contact avec le monde rural et l’agriculture. Même en campagne, il y a une déconnexion. » Parmi les ateliers, certains invitent à découvrir la traite des vaches et le circuit du lait, la culture et l’alimentation du bétail (« Du champ à l’auge »), les animaux de ferme (« Secrets d’animaux »), les plantes des champs… Chacun s’organise autour d’une thématique, d’un goûter et d’une balade aux champs pour aller chercher les vaches et les emmener à la traite.

Accessible aux personnes à mobilité réduite

D’abord suggérés à destination des enfants, les ateliers ont vite séduit un public plus large. « La ferme est de plain-pied et accessible aux personnes à mobilité réduite. Qui plus est, les animaux sont d’excellents médiateurs, quel que soit le handicap ou la particularité de la personne. Nous accueillons donc aussi avec grand plaisir des groupes de personnes en situation de handicap et avons pour projet de faire venir les personnes âgées et les maisons de retraite. Nous avions pu le faire il y a quelques années et j’en garde un excellent souvenir. Tous partageaient leur expérience : c’était très intéressant ! »

La ferme pédagogique est en plein développement. Elle dispose actuellement d’un espace dans la grange pour accueillir le public à l’abri en cas d’intempéries et sera équipée au printemps 2020 d’une salle d’accueil. Les groupes sont reçus sur réservation et les familles accueillies chaque premier mercredi du mois pour une après-midi thématique sur un sujet de saison. Parents et enfants seront accueillis avec générosité pour un moment convivial de partage et de découverte.

Liens :

Site web : www.lapetitearchedelavallee.com

Facebook : www.facebook.com/lapetitearchedelavallee

 

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