Mon activité concernant les langues régionales

Vous le savez, j’apporte une importance certaine à la défense des langues régionales. C’est pourquoi je tenais à faire un point d’étape sur les avancées et blocages persistants concernant les langues régionales. Je suis ainsi allé régulièrement aux Assemblées Générales d’associations très importantes pour l’enseignement du breton. Dernièrement à celle de Div Yezh (association des parents d’élèves pour l’enseignement du breton à l’école publique) à Tremeven le 28 mars et, à celle de Diwan (écoles associatives en pédagogie par immersion) à Carhaix le 26 avril.

Nous avons échangé sur les difficultés rencontrées concrètement sur le terrain : postes d’enseignants, formation d’enseignants brittophones, ouvertures de nouveaux sites bilingues, forfait scolaire et financements. Il a été question des avancées nécessaires sur le plan légal.

Tous ont salué la politique positive de la Région, pas toujours relayée comme il se doit par le rectorat. Léna Louarn, Conseillère régionale chargée de la langue bretonne était présente. L’articulation entre les services de la région comme l’Office de la langue bretonne et les acteurs de terrain que sont les associations de parents et promotion de la langue bretonne est primordiale pour être efficace.

La demande des parents et de la société est cruciale pour faire bouger les choses. Le droit ne précède pas les évolutions, il ne fait que les confirmer. J’ai pu féliciter tout le monde pour leur travail concret fructueux et indispensable, au service de la population.

J’ai donc expliqué mon action concrète de soutien aux acteurs de terrain en relayant leurs demandes auprès des Inspecteurs, du rectorat et de la ministre de l’Éducation.

Flag_of_Brittany_(Gwenn_ha_du).svgEnsuite, je travaille en ce moment sur quatre dossiers importants. J’ai réuni le groupe d’études sur les langues régionales de l’Assemblée nationale dont je suis co-président. Nous allons porter nos efforts sur trois points :

Le premier concerne la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Nous allons solliciter le Sénat pour qu’il reprenne à son compte la loi de ratification qui avait été votée à l’Assemblée à une très forte majorité. Nous allons refaire pression sur l’Elysée afin que la présidence qui s’est toujours déclarée favorable, passe enfin aux actes. Nous ne sommes pas les seuls, je sais que de nombreux députés relaient notre demande.

Le second concerne les frais de scolarité des écoles publiques bilingues. Un amendement que j’ai négocié avec le Gouvernement, oblige les communes ne disposant pas de classe bilingue à laisser partir les enfants et à payer les frais de scolarité à la commune d’accueil. Je vérifierai bien que cet amendement reste bien dans la loi de Nouvelle organisation territoriale de la République.

Le troisième point est en lien avec la réforme du collège. Il est nécessaire de compléter l’article 8 du décret publié par la ministre pour prendre en compte l’enseignement bilingue en langue régionale. Certains points sont également à modifier pour l’option langue régionale. Une lettre est partie directement pour la ministre, dont j’ai rencontré le cabinet cette semaine.

Le quatrième, je travaille avec des juristes pour créer un statut d’écoles laïques associatives bilingue en langue régionale. Le statut actuel, calqué sur les écoles confessionnelles, ne donne pas satisfaction. Un combat de long terme mais qu’il faut préparer et adapter. Par exemple, en s’appuyant sur le changement constitutionnel de 2008 (article 75-1) qui énonce que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France », ce qui n’a pour l’instant aucune traduction législative concrète.

Enfin, ce jeudi j’ai demandé par courrier au Premier ministre Manuel Valls de publier dans les meilleurs délais le décret de création de l’Office public de la langue occitane. Ce projet fédérateur, est bloqué depuis plus d’un an par l’Etat, raison pour laquelle le Conseiller régional d’Aquitaine délégué aux langues régionales et Président du Partit Occitan, David Grosclaude, à l’origine du projet, a entamé ce mercredi une grève de la faim dans le hall de l’Hôtel de Région.

Il ne manque aujourd’hui que l’engagement, très modeste, de l’État pour finaliser ce projet de création du Groupement d’intérêt public pour l’Office public de la langue occitane. « Ce projet exemplaire serait enfin en mesure de donner à l’aire occitane l’organisme de coordination et de réflexion qui lui fait défaut pour empêcher la disparition de cette langue ». Je rappelle « qu’il existe désormais un office public pour les grandes langues patrimoniales de notre pays (alsacien, basque, breton, corse) et qu’il serait difficilement imaginable que la volonté des élus et des habitants ne soit pas entendue par le Gouvernement en ce qui concerne l’occitan, la langue de tout le sud de la France ».
Compagnon de longue date de David Grosclaude pour la défense des identités régionales, je lui apporte mon entier soutien dans sa lutte pour la création de l’Office public de la langue occitane.

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