Ploërmel. Bagad de Ploërmel, une histoire collective qui continue de s’écrire…

Né en 1953, le bagad de Ploërmel célèbre ses 70 ans en 2023. Il fête aussi son arrivée en 2e catégorie, une évolution actée pendant l’été. À la clé, pour 2024, le défilé de la Grande Parade du Festival Interceltique de Lorient : une première pour de nombreux musiciens du bagad, une fierté pour tout le pays de Ploërmel et un défi exaltant pour son président, Yann Jego.

70 ans d’histoire et un Graal !

L’histoire du bagad de Ploërmel naît de la passion de quatre amis : Édouard Pacory, Denis Cherel, Bob Guernigou et Marcel Richard en 1953. Ils créent ensemble l’association « Kevrenn Blouarzel », dont le nom a perduré aujourd’hui, puisque l’intitulé officiel du bagad est « Bagad Ploërmel Kevrenn Blouarzel ». Dès sa première année, le bagad se lance dans des concours. Son goût de jouer en public et de se mesurer à ses confrères est resté un fil rouge, parfois ténu, mais jamais rompu.

Les années 1980 marquent un creux et les musiciens ne se produisent plus aussi souvent. D’indéfectibles bénévoles continuent pourtant de faire vivre l’association. En 1993, deux membres très actifs, Marcel et André Richard, lui donnent une nouvelle impulsion. Les musiciens reviennent, répètent et renouent avec l’envie de rencontrer leurs pairs.

En 1999, ils entrent en 5e catégorie. En 2003, ils accèdent à la 4e catégorie, puis en 2011, il passe en 3e catégorie. Le bagad se hisse une année en 2e catégorie en 2012, mais redescend d’un cran en 2013. Dix années plus tard, il reprend sa place en 2e catégorie, après une manche de printemps remportée haut la main (il finit premier !) et une manche d’été au cours de laquelle il est classé 4e. Finalement sur la 3e marche du podium, il rejoint la catégorie supérieure et obtient cette reconnaissance : faire partie des 30 meilleurs bagadoù de Bretagne.

« Nous défilerons avec les autres bagadoù à l’occasion de la Grande Parade du Festival Interceltique de Lorient en 2024. C’est un événement majeur pour nos musiciens comme pour beaucoup de passionnés, et ce, partout dans le monde. Pour beaucoup de membres de notre bagad, c’est un Graal ! » s’exprime Yann Jego, président du bagad.

Un bagad peut en cacher un autre…

Le bagad de Ploërmel est plus qu’un bagad. C’est une association qui englobe deux bagadoù, puisque Ploërmel a également son bagadig : un deuxième bagad, tremplin et espace de formation des débutants pour l’accession au bagad « officiel ». Elle intègre aussi une école de musiques traditionnelles dans laquelle enseigne Yann Jego en tant que professeur de cornemuse.

C’est d’ailleurs grâce au bagad que Yann a découvert sa passion.

Quand il arrive à Ploërmel en 2006, à 17 ans, il cherche une association dans laquelle s’investir. « Le cousin de ma mère jouait de la cornemuse à haut niveau… J’ai eu envie de suivre son exemple. »

Il progresse très rapidement et rejoint le bagad après seulement dix-huit mois de pratique. Malgré la passion qui l’anime, l’idée de devenir professeur de cornemuse ne s’impose pas à lui. « Je n’imaginais pas qu’il était possible de vivre de ce métier, j’avais donc écarté d’emblée cette option. » Il choisit une autre thématique qui lui plaît : le paysage et l’horticulture. Alors qu’il pense avoir trouvé sa voie, une mauvaise chute dans un escalier lui laisse des séquelles et cette recommandation des médecins : « changer d’orientation ». Il tente un cursus en biologie à l’université, mais se retrouve dans une impasse. « Pendant tout ce temps, je n’ai jamais cessé de jouer de la cornemuse. Beaucoup de personnes arrêtent pendant leurs études, faute de temps, mais pas moi. J’ai toujours pratiqué. J’ai alors commencé à penser sérieusement à donner des cours. »

En 2013, il entre à la fédération et commence à enseigner, d’abord en bénévole, puis après avoir validé son diplôme d’études musicales (DEM) de musiques traditionnelles, en tant que professionnel. Il partage désormais son temps entre des cours à Mauron, Ploërmel et Malestroit et la présidence du bagad, qu’il occupe depuis trois ans.

Un bagad ancré dans ses racines et tourné vers l’avenir

« L’année 2023-2024 s’annonce d’ores et déjà très riche. Nous fêterons les 70 ans du bagad sur trois jours, les 6, 7 et 8 octobre. Nous organisons un dîner festif le vendredi 6 à la salle des fêtes de Ploërmel avec Les Beurbis Gallèses, une après-midi et soirée avec exposition, défilé, apéro-concert et fest-noz le samedi 7, et repas des anciens du bagad le dimanche 8. Nous avons aussi plusieurs rendez-vous programmés. Nous jouerons pour le RCV (club de rugby de Vannes) le 17 novembre. Il y a aussi ce qui se passe en interne : notre bagadig progresse à grands pas, et nous espérons, pour l’année 2024-2025, l’inscrire aux concours de 5e catégorie. »

Autre projet sur les planches, la création d’un troisième groupe, pour les personnes qui prennent des cours, mais n’accèdent pas encore au niveau du bagadig. Ce nouveau « bagad-tremplin » pourrait ainsi être mis en place pour permettre à tous les musiciens amateurs d’exprimer leur potentiel.

L’association du bagad de Ploërmel, 70 ans après sa fondation, n’a jamais connu un tel succès. La jeune génération s’intéresse aux musiques traditionnelles. Les membres qui avaient fait une pause après les épisodes de covid ont retrouvé leur entrain. Le bagad de Ploërmel est en plein essor, et il compte bien continuer sur sa lancée !

1 réponse

  1. Chopin dit :

    Bonjour,
    J’ai mon petit-fils qui a 8 ans et aimerait faire partie d’un bagad.
    Prenez-vous de jeunes enfants? Il n’a aucune connaissance en musique.
    Merci pour votre réponse. Kenavo!
    E.Chopin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.